Microbiote, dépressions et intestins

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Les scientifiques s’accordent de plus en plus souvent sur le fait qu’un bon microbiote joue un rôle de premier plan dans la prévention de maladies. Qu’est-ce que le microbiote ? Le terme fait référence à tous les micro-organismes qui vivent sur ou dans un autre organisme. Ils interagissent les uns avec les autres et avec leur hôte, et peuvent être subdivisés en micro-organismes bénéfiques (symbiotiques) ou nocifs (pathogènes) (1).

Pour faire simple : tous les virus, bactéries et champignons dans notre corps forment ensemble le microbiote humain. Des milliards de bactéries vivent dans nos intestins. La composition du microbiote pourrait par conséquent contribuer à déterminer si vous allez rester en bonne santé ou si vous allez tomber malade. Mais notre microbiote est vulnérable et peut être déséquilibré par de nombreux facteurs. Un exemple que la plupart d'entre nous connaissent probablement, fait toute la clarté.

Le microbiote a un effet prouvé sur notre corps 

Le microbiote a un rôle spécifique et est influencé e.a. par les choix alimentaires, les gènes, l’exposition à des médicaments, les facteurs environnementaux, le manque de sommeil, les substances toxiques et les événements stressants (2). Concentrons-nous l’un de ces éléments : les médicaments, et plus spécifiquement sur la supposition qu’il existe un lien entre l'utilisation croissante d'antibiotiques et l'augmentation des allergies. Comment cela se fait-il ? On part du principe que les antibiotiques induisent la dysbiose (le déséquilibre de la flore intestinale). Il a été démontré que celle-ci exerce une influence directe sur le développement de maladies allergiques (3). L’âge de la première exposition pourrait être important à cet égard, étant donné que la prise d’antibiotiques par la mère durant la grossesse augmente le risque d’allergie chez l’enfant (4). 

Un microbiote déséquilibré peut-il aussi perturber notre mental ?

Les médias ont récemment signalé que de plus en plus de personnes, dont des jeunes, sont confrontées à une dépression. Dans des rapports de l’OMS, il est même question de 350 millions d’individus à travers le monde (6). Peut-on établir ici aussi un lien avec le microbiote, et en particulier le microbiote intestinal ? Des intestins en bonne santé peuvent-ils contribuer à un équilibre mental sain ? Dans ce blog, nous examinons quelques études sur le microbiote intestinal et sa relation avec la dépression. Pour cet article, nous nous sommes basés sur la littérature scientifique pertinente. Vous trouverez les références en bas de l’article.

Les intestins influencent le cerveau, et vice versa

Étant donné que le cerveau et les intestins sont connectés de manière bidirectionnelle, l’un peut influencer les fonctions de l’autre et inversement, et ils peuvent exercer une influence significative sur le stress, l’anxiété, la dépression et notre faculté cognitive. La recherche a démontré qu’une flore intestinale saine transmet des signaux cérébraux via les voies qui ont trait à la neurogenèse (le développement de nouvelles cellules nerveuses) et au contrôle comportemental dans des circonstances stressantes. Il en a résulté que différentes études ont reconnu l’importance du microbiote et sa relation avec des problèmes de santé mentale (7). En cas de dépression, il est souvent aussi question d’un dérèglement des voies neuroendocriniennes et neuroimmunitaires (8). Plus de 20 % des patients souffrant de maladies intestinales inflammatoires (MII) ont des troubles du sommeil et présentent des signes de comportement dépressif.  

De quelle(s) manière(s) le microbiote a-t-il un impact sur le cerveau ? 

Tout changement négatif dans la composition du microbiote intestinal lance la production de lipopolysaccharides microbiens (LPS). Cela active à son tour des réactions inflammatoires. Ces substances inflammatoires sont envoyées au Nervus vagus (ou nerf vague). Le nerf vague est le nerf qui relie le cerveau à plusieurs organes importants, comme les intestins. L’axe cerveau-intestin s’en trouve perturbé, avec toutes les conséquences qui s’ensuivent.

Un autre courant de pensée affirme que l’inflammation du tube digestif entraîne une neuroinflammation. Cela stimule ensuite l’action microgliale et met en marche la voie de la kynurénine. Il peut ainsi se produire une carence en sérotonine (également nommée hormone du bonheur, cette substance joue notamment un rôle important dans notre humeur). Tous ces processus entraînent une dépression (9).

Des études sur des individus ont démontré que des changements dans la composition de la microflore peuvent expliquer une dépression (10). De plus, de mauvais choix alimentaires et un manque d’exercice physique contribuent aux réactions inflammatoires, ce qui peut encore aggraver la dépression. En outre, même un événement stressant vécu par un individu peut influencer la composition du microbiote. Lorsque tant une inflammation qu’une dépression sont présentes chez un patient, il est essentiel de traiter les deux aspects pour résoudre le problème (11). L’idée que des maladies mentales sont automatiquement liées à des maladies du cerveau est de plus en plus abandonnée. L’année dernière, des scientifiques flamands ont découvert qu’il manque aux personnes souffrant de dépression des bactéries spécifiques dans les intestins.  

Et la solution pour un microbiote sain et pour se sentir bien est...

Aujourd’hui, certains types d’aliments sont directement mis en relation avec l’amélioration de la santé mentale. Le régime méditerranéen en est un exemple. Les choix en matière de régime ont une incidence considérable sur d’autres systèmes de l’organisme comme le système endocrinien (système hormonal), le système immunitaire et le système gastro-intestinal (12). Une étude a révélé que les régimes occidentaux contribuaient aux conditions dysbiotiques qui envoient des signaux cérébraux pour changer le comportement alimentaire (13). Une consommation riche en graisses mène non seulement à l’obésité mais cause également une inflammation étendue des systèmes de l’organisme. En modulant la composition du microbiote intestinal au moyen d’une alimentation saine et variée et de probiotiques, nous contribuons aussi à diminuer l’anxiété et la dépression (14). Nous savons aussi que les lactobacilles et les inflammations influencent la voie cérébrale. Lorsqu’un déséquilibre se produit, des troubles de l’humeur se développent (15).

Les temps stressants actuels poussent les gens à adopter un mauvais comportement, nous dormons moins et faisons des choix alimentaires peu sains. Il en découle une fuite intestinale accrue qui favorise les inflammations et une diminution de la fonction immunitaire. Ces risques peuvent être réduits en revenant à un style de vie sain avec une alimentation adéquate, de l’exercice physique et un sommeil suffisant (16).

Que pouvons-nous encore faire pour garder le microbiote en bonne santé – et prévenir la dépression ?

Avec les connaissances que nous possédons sur la manière dont le microbiote influence le comportement humain (physique et mental), il est essentiel de faire attention à notre alimentation et si possible de renoncer à prendre des médicaments qui ont une influence néfaste sur nos commensaux intestinaux. Des compléments probiotiques peuvent aussi certainement être envisagés comme élément de notre régime (17). Un point important à cet égard consiste à vérifier si la dépression résulte d’une inflammation ou non. Cette inflammation peut découler d’éléments qui ont été cités plus haut dans cet article (mauvaise alimentation, manque de sommeil, manque d’exercice physique, stress, exposition à des substances toxiques, etc.). S’il est question d’une inflammation, il convient surtout de se focaliser sur l’action de la sérotonine et de la dopamine (neurotransmetteurs).

Une alimentation variée est extrêmement importante pour restaurer la flore intestinale. Le fait d’éviter une alimentation riche en glucides a une influence particulièrement positive sur notre microbiote. Nous songeons ici aux graines, aux pommes de terre, au pain, aux pâtes, au riz, à la purée de pommes de terre, etc. Mangez une alimentation riche en fibres, de la volaille, des plantes tubéreuses, des légumes, des fruits, des noix, des champignons, du kéfir (yaourt fermenté) et d’autres produits fermentés. Ils agissent comme des prébiotiques et favorisent la croissance de micro-organismes. Les fibres en sont un exemple. La plupart des fibres sont de la nourriture pour vos bactéries intestinales. Les probiotiques peuvent donc aussi restaurer l’équilibre de la flore intestinale.  

Conclusion

La science accorde de plus en plus d’importance au microbiote intestinal et à son influence sur notre santé mentale et physique. Dès qu’il sera prouvé que la voie inflammatoire fait partie de la physiopathologie de maladies psychiatriques, nous pourrons certainement parler de percée médicale. Davantage de cliniciens prendront conscience du fait que des événements stressants ou les gènes hérités ne sont pas les seuls facteurs qui contribuent à l’état psychique, mais également le processus inflammatoire subi par le patient. La gestion efficace des maladies psychiatriques signifierait alors que nous devrions aborder tant l’aspect comportemental de la maladie que le processus inflammatoire subi par le patient (18). Les intestins et les voies neuronales jouent également un rôle dans le développement de la dépression après l’exposition à des événements traumatiques au début de la vie, une prise précoce de médicaments qui détruisent les commensaux intestinaux, et de mauvais choix alimentaires dans l’enfance. Ces informations forment un fil conducteur essentiel pour les soins de la population pédiatrique (19).

Références:

1.Riiser A. The human microbiome, asthma, and allergy. Allergy Asthma Clin Immunol (2015) 11:35.10.1186/s13223-015-0102-0
2. Gut feeling: researchers are discovering a link between depression and gut bacteria. Bates M. IEEE Pulse. 2017;8:15–18
3.Adami AJ, Bracken SJ. Breathing better through bugs: asthma and the microbiome. Yale J Biol Med (2016) 89(3):309–24. 
4.Metsala J, Lundqvist A, Virta LJ, Kaila M, Gissler M, Virtanen SM. Prenatal and post-natal exposure to antibiotics and risk of asthma in childhood. Clin Exp Allergy (2015) 45(1):137–45.10.1111/cea.12356
5. Relationship between the gut microbiome and brain function. Mohajeri MH, La Fata G, Steinert RE, Weber P. Nutr Rev. 2018;76:481–496.
6. Depressed gut? The microbiota-diet-inflammation trialogue in depression. Koopman M, El Aidy S. Curr Opin Psychiatry. 2017;30:369–377.
7. A gut (microbiome) feeling about the brain. Sherwin E, Rea K, Dinan TG, Cryan JF. Curr Opin Gastroenterol. 2016;32:96–102.
8.Mood and microbes: gut to brain communication in depression. Kelly JR, Keane VO, Cryan JF, Clarke G, Dinan TG. Gastroenterol Clin North Am. 2019;48:389–405
9.Microbiome and mental health, specifically as it relates to adolescents. Simkin DR. Curr Psychiatry Rep. 2019;21:93. 
10. Mood and microbes: gut to brain communication in depression. Kelly JR, Keane VO, Cryan JF, Clarke G, Dinan TG. Gastroenterol Clin North Am. 2019;48:389–405
11.Comorbidity between depression and inflammatory bowel disease explained by immune-inflammatory, oxidative, and nitrosative stress; tryptophan catabolite; and gut-brain pathways. Martin-Subero M, Anderson G,            Kanchanatawan B, Berk M, Maes M. CNS Spectrums. 2016;21:184–198
12. Brain-gut-microbiota axis: challenges for translation in psychiatry. Kelly JR, Clarke G, Cryan JF, Dinan TG. Ann Epidemiol. 2016;26:366–372
13. Food and mood: how do diet and nutrition affect mental wellbeing? Firth J, Gangwisch JE, Borisini A, Wootton RE, Mayer EA. BMJ. 2020;369:2382. 
14. Gut-brain axis and behavior. Martin CR, Mayer EA. Nestle Nutr Inst Workshop Ser. 2017;88:45–53. 
15. Effects of obesity on depression: a role for inflammation and the gut microbiota. Schachter J, Martel J, Lin CS, et al. Brain Behav Immun. 2018;69:1–8.
16. The role of microbiota and inflammation in self-judgement and empathy: implications for understanding the brain-gut-microbiome axis in depression. Heym N, Heasman BC, Hunter K, et al. Psychopharmacology.          2019;236:1459–1470. 
17. Marriage and gut (microbiome) feelings: tracing novel dyadic pathways to accelerated aging. Kiecolt-Glaser JK, Wilson SJ, Madison A. Psychosom Med. 2019;81:704–710. 
18. Microbiome and mental health, specifically as it relates to adolescents. Simkin DR. Curr Psychiatry Rep. 2019;21:93.
18. Inflammation: depression fans the flames and feasts on the heat. Kiecolt-Glaser JK, Derry HM, Fagundes CP. Am J Psychiatry. 2015;172:1075–1091
19. Depressed gut? The microbiota-diet-inflammation trialogue in depression. Koopman M, El Aidy S. Curr Opin Psychiatry. 2017;30:369–377.

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